L'Enfant des Etoiles

Les conquérants des mers

 

L’expansion

Les Vikings qui vivaient en Norvège, Suède et Danemark étaient un peuple de pêcheurs et d’agriculteurs-éleveurs organisés en tribus.

Leur société était rurale et autarcique. Aux travaux de la ferme et de l’élevage s’ajoutaient la chasse et la pêche, l’extraction du fer et l’exploitation des carrières de pierre pour fabriquer des meules à aiguiser et des ustensiles de cuisine. 

Même si les fermiers vivaient généralement de leurs propres produits, certaines denrées devaient être achetées –le sel par exemple –aussi nécessaires à l’homme qu’au bétail.

La population ayant augmenté, les ressources économiques locales étant devenues insuffisantes, mais aussi d’importants gisements de fer ayant été trouvés pour favoriser la construction d’armes et de bateaux, ils purent mener leur expansion.

Pendant la période qui s’étend de l’an 800 jusqu’ à 1050 apr. J.-C., les peuples du Nord firent leur entrée spectaculaire sur la scène européenne. Ils la prirent d’assaut, terrorisant des sociétés déjà bien organisées qui étaient, certes habituées à la guerre, mais pas à la tactique foudroyante des Vikings.

Ils lancèrent des expéditions en Irlande, Angleterre, Écosse, France, arrivèrent  jusqu’en Espagne et en Méditerranée. À l’Est, ils remontèrent les fleuves russes.

Le drakkar : un navire performant

Le terme «  drakkar » est une invention française du XIXe siècle qui donne une consonance scandinave à des navires qui possèdent une figure de proue en forme d’animal, souvent le dragon chez les Vikings. Le mot drakkar n’est connu dans aucune langue scandinave.

La construction de bateaux performants, résistants aux éléments tout en étant d’une grande navigabilité leur permettait d’effectuer des débarquements rapides et par surprise. Leurs bateaux légers qui n’avaient nul besoin d’un port pouvaient s’approcher d’une côte là où l'on s’y attendait le moins et permettaient une retraite rapide.

Construction navale

Les navires utilisés pour atteindre les rivages lointains étaient le produit de 10 siècles de vie en mer du Nord. Les constructeurs s’efforçaient de construire des bateaux souples et légers, se soumettant aux forces du vent et de la mer, utilisant les éléments plutôt que de s’y opposer.

Les navires sont symétriques de l’avant à l’arrière, de part et d’autre du mât, ce qui leur permet de pouvoir se déplacer indifféremment en avant et en arrière.

Les bateaux vikings étaient construits à clins ce qui veut dire que la coque est constituée de planches superposées –généralement en chêne –.

Cette coque était construite sur une quille solide qui, avec un arc finement incurvé, formait l’ossature du bateau. Les planches étaient adaptées l’une après l’autre à la quille et à la proue, elles-mêmes attachées ensemble par des rivets en fer. Cette coque en forme de coquille donnait force et souplesse.

Le gouvernail est latéral, à tribord (droite)

Après avoir donné au bateau la forme voulue, le constructeur mettait des membrures faites de bois d’arbres naturellement incurvés, ce qui rendait le navire plus solide. Pour augmenter la souplesse, on liait les planches aux membrures. Des supports transversaux à hauteur de la ligne de flottaison renforçaient le navire sur les côtés. Des rondins particulièrement solides consolidaient le mât. Les voiles carrées étaient fixées au mât. L’équipage pouvait utiliser les avirons quand le temps était calme ou par gros vent contraire et bien sûr pour remonter les fleuves.

Il y avait différents types de bateaux : les bateaux de guerre destinés aux combats, pouvant loger un équipage important et aller vite, les bateaux de commerce plus spacieux, pouvant contenir un plus grand chargement.

D’habiles navigateurs

Les Vikings n’utilisaient pas la boussole qui n’était pas encore inventée. Mais ils étaient de parfaits observateurs des repères terrestres, des animaux marins qui leur permettaient trouver leur chemin en pleine mer, des variations de température de  l’eau –conséquences de l’entrée dans un courant polaire–, du changement couleur de l’océan passant du bleu au vert,  de la présence d’oiseaux marins ou de baleines, des différents courants marins qui emmenaient facilement les bateaux d’un secteur à l’autre.

De plus, les sagas scandinaves relatent une pierre mystérieuse qui permettait au capitaine de s’en servir comme instrument de navigation, même par temps couvert : en le pointant au zénith, il pouvait trouver la direction du soleil. Cette « pierre de soleil » était sans doute un spath d’Islande, cristal de calcite transparent qui a la propriété de dépolariser la lumière du soleil, la filtrant différemment selon le pointage. 

La nuit, ils pouvaient s’aider de l’étoile Polaire pour conserver un cap et le jour, s’appuyer sur la hauteur du soleil pour estimer leur latitude.
Cette connaissance de la mer et de la navigation leur a permis d’explorer des régions lointaines, le Groenland et même l’Amérique du Nord.

La fin de la suprématie viking

La suprématie des Vikings, entamée en 793 s’achève en 1066 quand Harald Sigurdharson est battu à York. 

La fin de l’hégémonie navale des Vikings s’explique par l’envasement des grands ports de la Baltique et l’apparition de nouveaux bateaux de commerce, haut de plus de 6 m, pouvant emporter 100 tonnes soit six fois plus que les drakkars.

 

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